23.03.2009
Caliss de Français !
Il n’était pas question que je devienne une femme de Québécois. Une femme qui attendrait toute sa vie, assise devant un téléroman, à essayer de défricher ces espèces de brutes en cavale qui dévorent les femmes de mon pays…
Je ne peux pas croire que j’ai fais ça a mon pays, en voyage on n’est plus les mêmes, on se laisse griser, on s’émerveille, a quatre pattes, vautrée devant une roche, a miauler, Ho ! Que c’est beau !…Pourquoi donc, les gens de ce pays veulent tant partir de là !
Enfin quelques semaines plus tard, je devenais l’ex des cordes de guitare, j’attendais à l’aéroport un homme avec un nez fait en pain baguette.
Lorsque j’ai réalisé qu’il était bien débarqué du vol, celui ou on trouve un petit repas qui sent le vomi de Fettuchini d’Air transat. Ils essaient même au retour, de décourager l’immigration par un sandwich a se péter les dents, d’un pain a sous-marin durci par les poches d’air. J’ai été illuminée comme une humiliée.
J’ai vu en moi le terroriste qui faisait entrer au pays la menace du, je sais tout sur tout.
Ben oui ! J’ai fais l’erreur que tous les Québécois font en rencontrant un Caliss de Français en voyage, tu sais pas te fermer la gueule, pis tu sors gentiment, viens faire un tour….
Attention ça prend pas longtemps pour qu’ils débarquent squatter nos vertes contrées. La, on doit apprendre a faire de la raquette, (faire semblant qu’on fait ça tous les matins pour aller travailler), on fait les innocents, a chercher avec eux des indiens a plumes dans le bois. T’as-tu vues, tu l’as-tu vues ! Hein ! Pardon, vous disiez ? Trop tard, y’e passé, pis t’arrêtes-tu de me vouvoyer, on couche ensemble !
Tout ça, en traînant des raquettes, parce-qu’on s’enfonce, caliss, qu’il y en a épais de la neige, chez-nous !…
Surtout soyez solidaires ! ¨ Vos gueules¨, qu’ils leurs prennent pas l’envie qu’on leur montre à construire un Igloo, pour lequel, même le guide Michelin ne donne pas le manuel d’instruction, essayez pas le CAA, y dépannent pas !
Ensuite ils s’accrochent comme un cadre sur le mur du salon, pour mieux te regarder aller couper un tabarnak, pas un tabernacle, de sapin de Noël, en te cachant la nuit pour pas te faire prendre avec ta scie, a démembrer l’Ostie d’épinette dans le parc d’a coté, parce-qu’on différencie pas facilement les épines, on peut être crétins mais on est pas des indiens.
Du jour au lendemain la révoltée femme sauvage du Québec s’est levée, indomptée, fidèle à la liberté que possèdent les déesses leurrées. S’assassiner ou le tuer, je me suis mise à hurler.
J’ai été une grosse vache de lui apprendre son premier sacre…mais il débarquait avec l’envie de se faire pousser une grande couette devant qui il était en admiration. Ensuite arrivait la guitare, pas question !
Après quelques jours j’ai fait un anévrisme de cette passionnelle relation d’amants…
14:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : france, caliss, français, quebec, neige, tabernacle, voyage, raquette
22.03.2009
La nuit
J’habite rue de la solitude.
Un appartement au milieu du bruit des voitures qui ne dorment jamais la nuit. J’enterre les refrains des moteurs par de la musique qui de ses décibels étouffe le souffle même des vrombissements qui, comme des abeilles, chatouillent mon sommeil.
Ma chambre est celle qui donne sur la rue. Parfois, j’ai l’impression que mon lit, dans un voyage astral, s’est déposé au beau milieu de la chaussée et que le vent des camions lui donne des secousses. Ça me donne l’impression de dormir sur un vieux bonhomme qui tousse.
De ma chambre, une fenêtre sur la rue, j’ouvre la bouche pour me griser à avaler le monoxyde de carbone et, dans un infime effort, je n’ai qu’à lever la tête parce que cet oxygène provoque l’effet d’un joint et que j’arrive à imaginer une légère brume qui s’élève des édifices.
Il y a quelques rayons de soleil qui se frayent un passage dans l’épaisse chevelure de l’arbre qui veille près de mon balcon. La moustiquaire de ma fenêtre est trop « stone », pour voir toute la poussière, on croirait que mes couvertures reviennent d’une nuit de parking à necker dans un banc de sable.
L’horloge du temps, comme une brise, a déplacé les étoiles de mes pensées. Elles ont veillé, dérangées par les quintes de toux du vieux grincheux sur qui je dors la nuit. Mes pensées sur le tic-tac s’avancent dans une démarche incertaine, elles essaient de rester debout en s’aidant d’une canne. Ce déhanchement de mes pensées se laisse aussi détourner, guidé par l’activité créée par le chant aussi fredonné des ronflements de mon amant.
17:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : solitude, nuit, insomnie, bruit


